Alphonse de Lamartine

Poète et homme politique

(1790-1869), poète, orateur et homme politique. Auteur des Méditations ou de Jocelyn, membre du gouvernement provisoire après la révolution de 1848, mais candidat malheureux aux élections présidentielles, il finit par se retirer dans son domaine de Saint-Point.

Né à Mâcon, Alphonse descend d’une grande famille bourgeoise de Cluny, les Alamartine, grands bourgeois et juges-mages, ennoblis au XVIIe siècle par l’achat d’une charge de secrétaire du Roi, et dont la maison est toujours visible. Lamartine n’aimait guère la bourgeoisie de Cluny, trop étriquée à son goût, mais il a écrit de nombreuses pages sur les paysages de la région, qui furent un inépuisable sujet dans son œuvre poétique et littéraire.
Pour exemple, cet extrait du « Tailleur de pierres de Saint-Point », publié en 1851 :
« Quand on sort de la jolie petite ville de Mâcon en se dirigeant du côté des montagnes où le soleil se couche, on suit d’abord, pendant plusieurs heures, une grande route bordée de vignes, qui monte et descend avec des ondulations du sol comme la route d’un vaisseau sur une mer douce à larges lames. De nombreux villages, aux toits de tuiles rouges et aux murs blanchis par la chaux, et tapissés de pampres au-dessus de la porte, s’élèvent au penchant de tous les coteaux… Le ciel est doux, la terre sourit, le passant se dit : j’aimerais à vivre là ! … Et l’on redescend à pente rapide vers l’ancienne ville claustrale de Cluny, abritée comme un nid de hiboux sous les flèches bronzées et muettes des clochers de son abbaye. Mais au pied de la descente du Bois-Clair, la route bifurque : un de ses rameaux conduit à Cluny à travers des prairies grasses et monotones comme le luxe monacal qui possédait autrefois ces pâturages et ces forêts ; l’autre rameau mène dans les montagnes du Charolais, toutes pleines de bois, d’étangs, de pâturages mélancoliques et de mugissements de troupeaux ».

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